La cohorte SAPALDIA - 30 ans de recherche pour une meilleure santé

De l’exposome au phénome

SAPALDIA est une étude multicentrique, longitudinale, prospective, basée sur la population générale suisse. Elle a pour objectif de comprendre l’impact à long terme des facteurs liés à l’environnement et au mode de vie sur la santé.

SAPALDIA a débuté en 1991 par la constitution d’un échantillon de participants et participantes âgés de 18 à 60 ans, aléatoirement sélectionnés parmi les habitants de 8 différentes communes de la Suisse (Aarau, Basel, Davos, Genève, Lugano, Montana, Payerne et Wald). Ces communes étaient choisies de manière à représenter non seulement les différentes régions linguistiques, mais aussi les diverses conditions environnementales, climatiques et sociodémographiques de la Suisse.

Depuis 30 ans, ce sont les mêmes participants et participantes volontaires qui sont suivis dans le cadre de SAPALDIA. Ainsi, des données liées à la santé, au mode de vie et à l’environnement ont été recueillies à plusieurs reprises au cours du temps, auprès des participants ayant renouvelé leur consentement à prendre part à l’étude. Le recueil des données s’effectue à l’aide de questionnaires, d’examens de santé et d’appareils de mesure mobiles. Ces données sont exploitées à des fins de recherche, exclusivement dans le but d’améliorer la prévention et la santé de la population.

Parmi les 9651 participants et participantes à SAPALDIA1 en 1991, 8047 ont renouvelé leur participation à SAPALDIA2 en 2002. Depuis, deux autres enquêtes ont eu lieu : SAPALDIA3 en 2010, et tout récemment SAPALDIA4 en 2017. Un cinquième volet de l'étude est actuellement en cours : SAPALDIA5.

SAPALDIA a été initiée pour étudier spécifiquement l’effet à long terme de la pollution de l’air sur la santé pulmonaire – thème toujours actuel. Toutefois, les données recueillies depuis de nombreuses années nous permettent d’étendre notre domaine de recherche, et notamment d’identifier les facteurs et mécanismes biologiques associés à la qualité de vie au cours du vieillissement.

Nicole Probst-Hensch

Nicole Probst-Hensch

Professor, PhD (Pharmacy and Epidemiology), MPH

Scientific Group Leader

SAPALDIA est une étude multicentrique avec huit centres de l’étude:

Centre d'étude AARAU

Dr. med. Robert Bettschart
Hirslandenklinik Aarau

Centre d'étude BASEL

Prof. Daiana Stolz
Universitätsspital Basel, Pneumologie

Centre d'étude DAVOS

Dr. med Thomas Rothe
Spital Davos, Pneumologie

Centre d'étude GENEVE

Prof. Paola Gasche-Soccal
Hopitaux Universitaires Genève, Pneumologie

Centre d'étude LUGANO

Prof. Marco Pons
Ospedale Regionale di Lugano, Pneumologia

Centre d'étude MONTANA

Prof. Pierre-Olivier Bridevaux
Hôpital du Valais Sion, Centre Valaisan de Pneumologie

Centre d'étude PAYERNE

Dr. Luc Burdet
Hôpital Intercantonal de la Broye, Payerne

Centre d'étude WALD (ZH)

Dr. Alexander Turk
Lunge Zürich

Actuellement SAPALDIA est soutenue financièrement par le Fond National Suisse (FNS).

Depuis les années 1990, l’étude a reçu un soutien financier continu de fonds publics, principalement du Fonds National Suisse. Au cours des années, l’étude de cohorte a été soutenue par d’autres organes cantonaux et nationaux, tels que l’Office fédéral de l’environnement, l’Office fédéral de la santé publique, l’Office fédéral des transports, les cantons d’Argovie, de Bâle-Ville, de Bâle-Campagne, de Genève, de Lucerne, du Tessin, du Valais, des Grisons et de Zurich, mais aussi des fondations, telles que Freiwillige Akademische Gesellschaft, Bündner Heilstätten, UBS Wealth Foundation, ou encore l’Assurance suisse des accidents au travail (SUVA), Talecris Biotherapeutics GmbH, Abbott Diagnostics, la clinique Barmelweid et la clinique Hirslanden. En plus, SAPALDIA a été soutenue par des fonds européens de recherche, tels que European Commission 018996 (GABRIEL), Wellcome Trust WT 084703MA, Exposomics EC FP7 Grant (Grant Agreement No: 308610).

Les 30 années d’existence de SAPALDIA font d’elle l’une des plus importantes études portant sur la santé. Actuellement, SAPALDIA représente une source essentielle d’informations pour la lutte contre les maladies chroniques menée au niveau de la Confédération et des Cantons. Les maladies cardiovasculaires, le diabète et les maladies pulmonaires sont de plus en plus fréquentes dans le monde entier. Elles constituent un poids lourd à porter pour les personnes atteintes et leur famille, et mettent le système de santé suisse au défi.

La recherche en santé publique à laquelle contribue SAPALDIA, au niveau national et international, avec notamment des coopérations européennes, vise à apporter les informations nécessaires à la prise de décision en réponse aux problèmes sanitaires. Ainsi, le recueil de données prospectives à partir d’échantillons biologiques auprès de la population générale de la Suisse contribue à la richesse des données de SAPALDIA, et permet d’apporter les connaissances étiologiques nouvelles et utiles en termes de prévention et de lutte contre la maladie.

Voici quelques objectifs de recherche abordés par SAPALIDA au cours des 30 dernières années 

SAPALDIA1: Examiner s’il y a un lien entre l’exposition à la pollution de l’air et la fonction pulmonaire chez la population suisse. Enquêter sur la prévalence des allergies au sein de la population adulte en Suisse.

SAPALDIA2: Tester s’il existe un lien entre une amélioration de la qualité de l’air et un ralentissement de la diminution de la fonction pulmonaire liée à l’âge chez les adultes. Étudier les liens entre la pollution de l’air et la santé cardiovasculaire.

SAPALDIA3: Examiner l’impact des facteurs environnementaux ou liés au mode de vie, tels que la pollution sonore, l’activité physique, la nutrition, sur la santé des adultes en Suisse.

SAPALDIA4: Étudier les facteurs qui augmentent durablement les chances de vieillir en bonne santé, en reliant des données collectées antérieurement avec des informations nouvelles et particulièrement détaillées sur les caractéristiques du vieillissement. Déterminer les facteurs liés à la fréquence et au recours aux services médicaux ou à l’aide sociale.

SAPALDIA5: Pour l'enquête SAPALDIA actuelle, deux séries de questionnaires seront envoyées à tous les participants à deux ans d'intervalle. En outre, tous les participants seront invités à un nouveau bilan de santé axé sur la fonction pulmonaire. Ces nouvelles données nous permettront d'examiner les liens à long terme entre l'environnement et la santé — y compris les effets de la pandémie actuelle de coronavirus — dans le contexte suisse.

Le schéma d’étude

Des données complexes pour mieux comprendre des maladies chroniques complexes

Résultats de SAPALDIA

21,7 % des participants à l'étude SAPALDIA4 ont respecté les recommandations suisses en matière d'activité physique (2 heures et demie par semaine d'activité physique modérée dans le cadre des activités quotidiennes ou du sport, ou 1 heure et quart d'activité physique intense). Les personnes en forte surcharge pondérale, âgées de plus de 75 ans, les fumeurs et les participantes, ainsi que les participants vivant seuls ont passé plus de temps assis et ont consacré moins de temps à une activité physique légère et à une activité physique d'intensité modérée à élevée que les participants de poids normal, âgés de 52 à 64 ans, non-fumeurs et mariés. Les participants vivant en Suisse romande pratiquaient moins souvent une activité physique intense que ceux vivant en Suisse alémanique. Ces résultats montrent qu'il est nécessaire de promouvoir l'activité physique chez les personnes âgées et certains sous-groupes en Suisse (Aebi et al. 2020. Swiss Med Wkly).

Grâce aux données SAPALDIA4, les chercheurs ont pu classer les participants en trois groupes à l'aide de critères cardiovasculaires, métaboliques et liés à l'activité physique : 30 % des participants ont été classés comme « en bonne santé », 29 % comme « en santé limitée » et le troisième groupe comme « en santé précaire ». Les participants classés comme « en mauvaise santé » ont une qualité de vie liée à la santé inférieure à celle des participants « en bonne santé ». Cela s'est surtout manifesté dans le domaine de la capacité fonctionnelle physique. Les résultats indiquent que les personnes souffrant de troubles cardiovasculaires et métaboliques, ainsi que celles qui sont peu actives physiquement, constituent un groupe cible important pour la promotion de la santé et le maintien du bien-être (Cerletti et al. 2020, Health Qual Life Outcomes).

En collaboration avec l'étude européenne sur la santé pulmonaire, European Community Respiratory Health Survey (ECRHS), il a été démontré que l'activité physique est associée à une réduction du risque de développer une insuffisance pulmonaire sur une période de 10 ans. Ce résultat souligne l'importance de promouvoir l'activité physique au sein de la population afin d'améliorer la santé à long terme et de prévenir les maladies (Carsin et al. 2020. Am J Epidemiol).

Un régime alimentaire riche en fruits, légumes, noix et poisson, ainsi qu'en soupes, eau, thé et café, est associé à une meilleure fonction pulmonaire chez les participants à SAPALDIA qu'un régime alimentaire riche en protéines (comme la viande, la charcuterie, les œufs), en snacks salés et en alcool (Steinemann et al 2018. Respiration).

Un mode de vie sain (beaucoup d'exercice physique, contrôle du poids, absence de tabagisme et faible consommation d'alcool) protège non seulement contre les maladies chroniques, mais a également un effet positif sur l'évolution d'une maladie chronique existante. Cependant, les données SAPALDIA n'ont montré aucune amélioration du mode de vie chez les hommes, malgré un diagnostic connu d'hypertension ou de diabète. Les recommandations pour un mode de vie sain sont un élément important de tout traitement du diabète et de l'hypertension, et doivent être particulièrement soulignées chez les hommes (Walther et al. 2017. Prev Med).

SAPALDIA a également fourni des indications selon lesquelles l'activité physique peut modifier l'effet de la pollution atmosphérique sur le risque cardiovasculaire, qui est déterminé par la rigidité des artères, dans les zones à faible pollution atmosphérique. Même une activité physique modérée peut réduire les effets négatifs de la pollution atmosphérique sur la santé vasculaire (Endes et al. 2017. Int J Hyg Environ Health).

Les données SAPALDIA montrent que toutes les activités physiques ne se valent pas. L'activité physique pendant les loisirs a un effet plus important sur le poids corporel que l'activité physique au travail. Cela signifie que le sport et la course à pied régulière pendant les loisirs sont de bons moyens de contrôler la prise de poids (Wanner et al 2016. Prevent Med Rep).

Avec l'âge, la paroi de l'artère carotide a tendance à s'épaissir et les artères à se rigidifier. Ce processus de vieillissement ne peut pas être entièrement évité, même par la pratique régulière d'un sport, mais il peut être ralenti (Caviezel et al. 2015. PLOSone ; Endes et al. 2016. Eur J Epidemiol).

De nouveaux résultats de recherche de SAPALDIA indiquent que la sensibilité au bruit est négativement corrélée aux aspects physiques et psychologiques de la qualité de vie liée à la santé. La sensibilité des personnes au bruit ou aux sons gênants semble être plus pertinente pour les résultats que la pollution sonore due au trafic elle-même. Cela suggère que d'autres sources de bruit pourraient également jouer un rôle dans la qualité de vie. De plus, les traits de personnalité semblent influencer l'impact des nuisances sonores sur la qualité de vie liée à la santé. Les nuisances sonores liées au trafic semblent principalement affecter la qualité de vie sur le plan psychologique (Cerletti et al., 2020. Environ Int).

Les chercheurs du SAPALDIA ont montré que le niveau de bruit routier et la nuisance sonore sont associés au risque de développer une dépression, en particulier chez les personnes qui ne font pas beaucoup d'exercice physique. Le lien observé entre l'exposition au bruit et la gêne qui en résulte, ainsi que les effets plus importants de la gêne sonore sur les personnes ayant une activité physique insuffisante ou une fatigue diurne excessive, mettent en lumière les liens possibles entre le bruit de la circulation, la gêne sonore et les troubles psychologiques (Eze et al. 2020. Environ Int).

Grâce à des modèles de calcul, il est possible d'estimer en Suisse l'exposition au bruit du trafic aérien, ferroviaire et routier pour toutes les adresses. Les données SAPALDIA ont permis de montrer qu'une exposition accrue au bruit du trafic au domicile est associée à un risque accru d'obésité et à un tour de taille plus important. Cela n'a pas pu être démontré pour d'autres sources de bruit telles que le bruit des avions ou des trains (Foraster et al., 2018. Environ. Int.).

Les résultats de l'étude SAPALDIA indiquent que la pollution sonore peut également influencer l'apparition de symptômes respiratoires. Le niveau sonore et la pollution sonore semblent tous deux, indépendamment l'un de l'autre, aggraver l'asthme chez les adultes. Les effets physiques et psychologiques du bruit peuvent donc avoir une influence sur les voies respiratoires et semblent donc pertinents pour la prise en charge de l'asthme (Eze et al. 2018. Environ. Int.).

Une exposition prolongée au bruit ferroviaire, en particulier une exposition nocturne répétée, principalement liée au bruit routier, peut influencer la rigidité artérielle, mesurée au niveau de l'artère carotide. La rigidité artérielle est un indicateur important des maladies cardiovasculaires (Foraster et al. 2017. Environ Health Perspect).

Le bruit de la circulation, en particulier le bruit routier et aérien, peut être associé à un risque accru de développer un diabète sucré de type 2. C'est ce qu'ont démontré des chercheurs à l'aide des données SAPALDIA (Eze et al. 2017. Int J Epidemiol). Les chercheurs ont également montré que le bruit de la circulation nocturne à long terme a un effet sur le contrôle de la glycémie, en particulier chez les diabétiques. Cela signifie qu'une recommandation médicale aux diabétiques pourrait être la suivante : fermez la fenêtre la nuit ou dormez du côté le plus calme de votre appartement (Eze et al. 2017. Int J Environ Res Public Health).

Les personnes qui se sentent dérangées par le bruit des avions, des trains et de la circulation routière chez elles font moins régulièrement du sport ou courent moins souvent. Cette observation s'explique probablement par le fait qu'elles dorment moins bien (Foraster et al., 2016. Environ Int).

Le bruit ferroviaire a des répercussions sur la pression artérielle, en particulier lorsqu'il se produit la nuit. C'est ce qu'ont démontré des chercheurs dans l'étude SAPALDIA. Les effets des nuisances ferroviaires et routières étaient particulièrement marqués chez les personnes souffrant d'hypertension, de maladies cardiovasculaires ou de diabète (Dratva et al. 2012. Environ Health Perspect).

Dans une étude SAPALDIA, nos chercheurs ont pu montrer que la pollution sonore a un impact sur la qualité de vie liée à la santé. Ces résultats soulignent l'importance de l'environnement pour la santé mentale et physique (Dratva et al. 2010. Qual Life Res).

La fonction pulmonaire est influencée par l'environnement et le mode de vie. Nous avons pu montrer que ce sont surtout les schémas de méthylation de l'ADN liés au tabac qui influencent la fonction pulmonaire. Cela démontre une fois de plus la nocivité du tabagisme. Ces résultats seront également importants pour évaluer la nocivité des cigarettes électroniques (Imboden et al. 2019. Eur Respir J).

Le tabagisme joue-t-il un rôle dans le développement de l'asthme chez les adultes ? Les chercheurs ont pu fournir des indices à ce sujet dans le cadre du projet GABRIEL. Six études ont participé à ce projet, dont SAPALDIA, bien sûr. Grâce à une étude d'association pangénomique, les chercheurs ont pu montrer qu'il existe des variantes génétiques sur les chromosomes 9 et 12 qui sont associées à la fois au tabagisme et au développement de l'asthme chez l'adulte (Vonk et al. 2017. Int J Hyg Environ Health).

Il faut des années pour que toutes les traces laissées par le tabagisme disparaissent complètement et que le profil ECG d'une personne qui a arrêté de fumer redevienne similaire à celui d'une personne qui n'a jamais fumé (Girard et al., 2016. Environ Res).

Dans le cadre de l'étude EXPOsOMICS européenne, à laquelle SAPALDIA a participé, la pollution de l'air a été mesurée à plusieurs reprises chez un groupe de participants SAPALDIA de Bâle, à leur domicile et dans leur environnement personnel (au travail, en déplacement, etc.). Les chercheurs ont ainsi découvert qu'une exposition personnelle à court terme aux PM2,5 et à la fumée était liée à la pression artérielle, mais pas à la fonction pulmonaire (van Nunen et al. 2021. Environ Res).

Les données SAPALDIA, qui font partie de l'enquête européenne sur la santé respiratoire (ECRHS), ont permis de montrer que les participants atteints de BPCO et d'asthme signalaient plus souvent que leur mère fumait et présentaient déjà une altération de la fonction pulmonaire à l'âge de 20 ans. Chez plus de la moitié d'entre eux, l'asthme avait commencé dès l'enfance. Les participants atteints uniquement de BPCO ont été les plus exposés au tabagisme et aux polluants professionnels tout au long de leur vie et ont présenté une diminution accélérée de leur fonction pulmonaire à l'âge adulte. La coexistence de l'asthme et de la BPCO semble trouver son origine tôt dans la vie. Les mesures de prévention de ces maladies, qui surviennent généralement à un âge avancé, devraient donc commencer dès l'enfance (Marcon et al. 2021. Eur Respir J).

Une étude européenne à laquelle a participé SAPALDIA a montré que le statut social est un facteur important qui doit être pris en compte dans l'analyse afin de déterminer l'effet de la pollution atmosphérique, par exemple du NO2 (dioxyde d'azote), sur la fonction pulmonaire. (Keidel et al. 2019. Int J Environ Res Public Health).

Une étude SAPALDIA a démontré qu'une exposition prolongée aux polluants atmosphériques peut avoir un effet négatif sur la variabilité du rythme cardiaque, en particulier chez les personnes dépourvues du gène GSTM1. Ce lien n'était observable que chez les personnes en bonne santé (Meier-Girard et al. 2019. Environ Int).

De plus en plus d'éléments indiquent que la pollution atmosphérique joue un rôle dans le développement de l'asthme. Une étude menée en collaboration avec SAPALDIA a montré que certains biomarqueurs du système immunitaire jouent un rôle à cet égard (Mostafavi et al. 2019. Sci. Rep.).

La pollution atmosphérique est associée à des maladies cérébrales/cardiovasculaires. Les résultats d'une étude SAPALDIA indiquent que le stress oxydatif et les réactions inflammatoires activées jouent un rôle prépondérant. Les résultats de cette étude contribuent à élucider le lien entre la pollution atmosphérique et le risque accru de maladies cérébrales/cardiovasculaires, en démontrant une modification de la méthylation de l'ADN des gènes inflammatoires centraux sur plusieurs années (Fiorito et al. 2018. Environ Mol Mutagen).

L'artériosclérose a été associée à une exposition prolongée aux particules fines. SAPALDIA a pu montrer que l'épaisseur de la paroi vasculaire de l'artère carotide est liée aux particules fines PM10, PM 2,5 et aux particules ultrafines (Aguilera et al. 2016. Environ Health Perspect).

La pollution atmosphérique, en particulier les particules fines de moins de 10 micromètres (PM10), est associée au diabète de type 2. Dans le cadre de SAPALDIA, nous avons pu montrer que les personnes présentant une certaine expression du gène de l'interleukine 6 sont plus exposées au risque de développer un diabète de type 2 en raison des particules fines. L'interleukine 6 est impliquée dans les processus inflammatoires, ce qui montre l'importance de ces derniers dans la relation entre le diabète de type 2 et la pollution atmosphérique due aux particules fines (Eze et al. 2016. Environ Health). Une étude complémentaire a ensuite fourni des indications selon lesquelles l'effet des polluants atmosphériques sur le risque de diabète pouvait être attribué à une modification de la sensibilité à l'insuline chez les personnes présentant une inflammation existante (Eze, et al. 2016. Environ Int).

L'hypertension artérielle, le surpoids et, surtout, la graisse abdominale, ainsi que l'augmentation des taux de glycémie et de lipides sanguins sont appelés « syndrome métabolique » par les médecins. Dans le cadre de SAPALDIA, nous avons pu montrer que l'exposition aux particules fines augmente également le risque de syndrome métabolique (Eze et al. 2015. PLOS One).

Vivre dans des zones à forte circulation est associé à une augmentation du taux sanguin de protéine C-réactive. Ce taux sanguin est un marqueur d'inflammation dans l'organisme et un facteur de risque connu de maladies cardiovasculaires. Cependant, on ne sait pas encore quel polluant atmosphérique est responsable de cette corrélation (Lanki et al. 2015. Environ Health Perspect).

SAPALDIA fait partie du projet multicentrique européen ESCAPE (European Study of Cohorts for Air Pollution Effects). Dans le cadre de l'étude ESCAPE, le lien entre la mortalité due à des causes naturelles et l'exposition à long terme à divers polluants atmosphériques a été examiné. L'étude a montré qu'il existe une corrélation entre l'exposition à long terme aux particules fines et la mortalité naturelle. Cela a également été démontré pour des concentrations de particules fines faibles, bien inférieures à la limite annuelle moyenne actuellement en vigueur en Europe (Beelen et al. 2014. Lancet). L'exposition à long terme aux particules fines de moins de 2,5 micromètres (PM₂,₅), en particulier au soufre, a également été associée à une mortalité naturelle accrue (Beelen et al. 2015. Environ Health Perspect).

L'une des plus grandes collaborations européennes de recherche (ESCAPE) sur la pollution atmosphérique et la santé a démontré que la pollution atmosphérique, même à de très faibles niveaux, détériore la fonction pulmonaire moyenne de la population. Il est intéressant de noter que les poumons des personnes en surpoids important réagissent plus fortement à la pollution atmosphérique (Adam et al. 2015. Eur. Resp. J.).

En Suisse, la pollution atmosphérique due au trafic routier a causé environ 14 000 années de vie perdues en 2010. De plus, 8700 jours d'hospitalisation pour des problèmes cardiorespiratoires ont été attribués à la pollution atmosphérique liée au trafic routier. La pollution atmosphérique et le bruit ont engendré des coûts de l'ordre de 1 700 à 1 800 millions de francs suisses en 2010. En ce qui concerne la pollution atmosphérique, les effets sur la mortalité sont les principaux facteurs de coût (Vienneau et al. 2015. Int J Hyg Environ Health).

Une personne sur vingt ayant participé à SAPALDIA3 en 2010 souffrait de diabète sucré de type 2. De plus, plus la concentration de particules fines est élevée au lieu de résidence, plus le risque de diabète de type 2 est important (Eze et al. 2014. Environ Int).

Dans le cadre du projet européen ESCAPE, l'influence de la pollution atmosphérique sur la tension artérielle a été étudiée à l'aide de 15 cohortes, dont SAPALDIA. Il a été constaté que les participants qui ne prennent pas de médicaments antihypertenseurs et qui sont exposés à une forte pollution atmosphérique due au trafic à leur lieu de résidence présentent plus souvent une tension artérielle élevée. Le risque d'hypertension semble donc également présent. Cependant, le lien entre les différents polluants atmosphériques et la pression artérielle n'était pas clair (Fuks et al. 2014. Environ Health Perspect).

Des variations génétiques dans l'une des principales cytokines pro-inflammatoires, l'interleukine 6, peuvent modifier la variabilité de la fréquence cardiaque, ce qui est lié à l'exposition à long terme aux particules fines liées au trafic routier (Adam, et al. 2014. PLoS One).

Dans le cadre de l'étude SAPALDIA, des indices ont été trouvés suggérant que l'exposition à long terme au dioxyde d'azote (NO2) pourrait avoir un effet négatif sur la fonction autonome du cœur chez les femmes âgées et d'âge moyen (Felber, Dietrich, et al. 2008. Environ Health Perspect).

À ce sujet, vous pouvez également lire l'article « L'hygiène de l'air, un facteur de réussite », publié en avril 2022 dans le journal VSAO.

De plus en plus d'éléments indiquent que les hormones sexuelles jouent un rôle dans la santé pulmonaire. Le sulfate de déhydroépiandrostérone (DHEA-S) est un précurseur des hormones sexuelles féminines et masculines qui a été mesuré dans le sang. Des chercheurs ont montré que chez les femmes, un faible taux de sulfate de déhydroépiandrostérone (DHEA-S) dans le sang est associé à une fonction pulmonaire altérée et à un risque accru de développer une obstruction des voies respiratoires à l'âge adulte. Ces résultats suggèrent que les hormones sexuelles, en l'occurrence la DHEA-S, jouent un rôle dans la santé respiratoire (Pesce et al., 2020, EClinicalMedicine).

Une prise de poids modérée ou importante sur 20 ans est associée à une accélération du déclin de la fonction pulmonaire. Une perte de poids, en revanche, a l'effet inverse. Le contrôle du poids est donc un facteur important pour le maintien d'une bonne fonction pulmonaire à l'âge adulte (Peralta et al. 2020. Thorax).

Il est important d'estimer l'évolution du nombre de personnes atteintes de BPCO afin de déterminer la charge de morbidité future. Les études à long terme ECRHS et SAPALDIA ont montré que l'incidence (nombre de nouveaux cas) de l'obstruction des voies respiratoires (également appelée rétrécissement des voies respiratoires) sur 20 ans chez les adultes sans asthme, âgés de 25 à 64 ans, était considérable. L'augmentation liée à l'âge du nombre de cas d'obstruction des voies respiratoires chez les participants n'ayant jamais fumé était fortement corrélée à l'exposition cumulée au tabac, ce qui semble expliquer en grande partie les différences de tendance entre les hommes et les femmes. Bien que l'augmentation des cas d'obstruction des voies respiratoires avec l'âge soit restée relativement inchangée, elle était également élevée chez les personnes n'ayant jamais fumé, ce qui confirme le fait que la BPCO représente également un fardeau considérable pour la population non fumeuse (Accordini et al. 2020. Sci Rep).

Dans le cadre du projet européen ECRHS, auquel SAPALDIA participe depuis le début, une étude a été menée afin de déterminer si les interdictions de fumer mises en place ont réduit l'exposition au tabagisme passif. L'étude a montré qu'après l'introduction des interdictions de fumer, la probabilité d'être exposé au tabagisme passif au travail a considérablement diminué. Les interdictions de fumer sur les lieux de travail publics et privés ont donc efficacement réduit le tabagisme passif nocif (Olivieri et al. 2019. Indoor Air).

Dans SAPALDIA, 4 % des participants ont une fonction pulmonaire réduite. Les raisons peuvent être multiples. Les données SAPALDIA montrent toutefois que les personnes présentant une fonction pulmonaire réduite font moins souvent et moins intensément de l'exercice physique et qu'elles souffrent également plus souvent d'autres maladies telles que l'hypertension, le diabète, les maladies cardiovasculaires et la dépression (Carsin et al. 2019. Respir Med).

Une étude SAPALDIA a montré que le risque de développer de l'asthme à un âge avancé augmente lorsque les participants ont signalé une augmentation de leur silhouette (prise de poids) à différents moments de leur vie (enfance, puberté, jeune âge adulte, etc.). Chez les femmes, cela était particulièrement le cas entre 45 ans et la ménopause (Hansen et al. 2019. Respiratory Medicine).

Des études épidémiologiques montrent que la pollution atmosphérique est un facteur de risque commun pour les maladies pulmonaires et cérébrales/cardiovasculaires. Dans le cadre du projet européen EXPOsOMICS, auquel participe SAPALDIA, des chercheurs ont montré que certains processus métaboliques dans l'organisme (par exemple le métabolisme du linoléate) sont perturbés par une pollution atmosphérique de longue date, en particulier par les particules fines. Ils ont également pu montrer que le métabolisme du linoléate joue également un rôle dans l'asthme chez les adultes et dans les maladies cérébrales/cardiovasculaires. Ces résultats suggèrent que la pollution atmosphérique peut perturber les processus métaboliques communs à de nombreuses maladies chroniques et ainsi augmenter le risque de maladies telles que l'asthme et les maladies cérébrales/cardiovasculaires (Jeong et al. 2018. Environ Int). (Le linoléate est un sel de l'acide gras insaturé linoléique).

Les maladies pulmonaires sont associées à un risque accru de maladies cardiovasculaires chez les adultes, mais on en sait peu sur leurs effets précoces chez les jeunes. Dans le cadre de l'étude SAPALDIA sur les jeunes, 257 enfants de participants à SAPALDIA ont été examinés pendant SAPALDIA3. Il a été démontré que les garçons asthmatiques présentent dès l'adolescence un risque accru de modifications précoces des vaisseaux sanguins dans le système cardiovasculaire. Ces résultats suggèrent que l'asthme pendant l'enfance pourrait augmenter le risque de maladies cardiovasculaires à l'âge adulte (Dratva et al. 2018. Eur J Pediatr).

L'asthme est une maladie pulmonaire complexe. Il ne s'agit peut-être pas d'une seule maladie, mais d'un groupe de maladies différentes qui peuvent toutes entraîner des crises d'asthme. Sur la base des informations relatives à la fréquence des crises d'asthme, à la présence d'allergies associées, à la prise de médicaments contre l'asthme ou à l'âge auquel l'asthme a été diagnostiqué, nous avons pu identifier différents types d'asthme dans les données SAPALDIA. On suppose que le surpoids important est un facteur de risque d'asthme. En effet, il existe des différences quant à l'influence du surpoids sur les différents types d'asthme. (Jeong et al. 2017. Respir Med.).

L'asthme et les symptômes allergiques deviennent moins fréquents avec l'âge, mais restent néanmoins courants. Les personnes qui souffrent elles-mêmes d'asthme ou qui ont des antécédents d'allergies dans leur famille courent un risque accru de souffrir d'une forme allergique de rhume. Les personnes qui ont grandi à la ferme, qui ont des frères et sœurs plus âgés ou qui vivent actuellement à la campagne souffrent moins souvent de rhume allergique (Abramson et al. 2016. Allergol Int).

La protéine pulmonaire CC16 est produite dans les poumons et peut être mesurée dans le sang. Plus les poumons produisent de CC16, mieux ils peuvent lutter contre les agressions inflammatoires et oxydatives dues aux influences environnementales. Cet effet protecteur de la CC16 a également pu être démontré dans les échantillons sanguins des participants à l'étude SAPALDIA. Plus le taux de CC16 dans le sang est élevé, plus la fonction pulmonaire reste stable au fil des ans. Ce résultat ouvre la voie à de nouveaux médicaments potentiels contre les maladies pulmonaires (Guerra et al. 2015. Lancet Resp Med).

Dans le cadre de l'ECRHS, des chercheurs ont également pu montrer que l'exposition à des polluants sur le lieu de travail, tels que la poussière, la poussière minérale et les métaux, constitue un facteur de risque de détérioration de la fonction pulmonaire. L'activité professionnelle semble être un facteur de risque indépendant du tabagisme, ce qui souligne la nécessité de prévenir et de mieux contrôler ces expositions aux polluants sur le lieu de travail (Lytras et al. 2021. Ann Am Thorac Soc).

Les personnes exposées à des métaux ou à des poussières minérales sur leur lieu de travail souffrent plus souvent de bronchite chronique et ont plus fréquemment des problèmes d'expectoration. Ce sont là les résultats d'une analyse réalisée dans le cadre du projet ECRHS (Lytras et al. 2019. Occup. Environ. Med.).

Lors du nettoyage avec des produits chimiques (par exemple, des sprays nettoyants), les voies respiratoires sont exposées aux vapeurs chimiques de ces produits. Les chercheurs de l'ECRHS ont montré que chez les femmes qui font régulièrement le ménage à la maison ou qui travaillent comme femmes de ménage, la fonction pulmonaire diminue plus rapidement. Cela signifie que l'utilisation à long terme de produits chimiques de nettoyage lors du ménage pourrait constituer un risque à long terme pour la santé des voies respiratoires (Svanes et al., 2018. Am J Respir Crit Care Med.).

Les processus biologiques dans l'organisme sont influencés par l'environnement et le mode de vie. Cela se produit par le biais de l'épigénétique, car les modifications épigénétiques de l'ADN, les schémas de méthylation, régulent les processus biologiques. Les schémas épigénétiques liés à la pollution atmosphérique et au bruit de la circulation pourraient entraîner en partie des modifications physiologiques et biochimiques dans l'organisme. SAPALDIA a démontré que la méthylation de l'ADN est spécifiquement liée au bruit de la circulation et à l'exposition à la pollution atmosphérique. Les domaines les plus fortement touchés par ces modifications sont les réactions inflammatoires, le développement cellulaire et les réactions immunitaires (Eze et al., 2020. Environ Health Perspect).

Les modifications de la méthylation de l'ADN peuvent fournir des informations sur l'âge, indépendamment de l'âge réel d'une personne. Il peut y avoir une différence entre l'âge estimé d'une personne, basé sur la méthylation de l'ADN, et son âge réel. Si l'âge estimé est supérieur à l'âge réel, on parle alors d'accélération épigénétique du vieillissement. Cette différence est utilisée pour étudier le vieillissement de manière plus précise. Les études SAPALDIA et ECRHS ont montré que l'accélération du vieillissement, basée sur les schémas épigénétiques, est clairement liée à la fonction pulmonaire des femmes âgées de plus de 50 ans. On suppose que cela pourrait être dû à la ménopause. Cela pourrait être utilisé pour déterminer plus précisément la santé pulmonaire des femmes âgées et pourrait constituer un facteur important pour déterminer la santé pulmonaire chez les adultes en général (Rezwan et al., 2020. Aging).

La fonction pulmonaire est héréditaire et diffère entre les sexes tout au long de la vie. Cependant, on sait peu de choses sur les effets génétiques spécifiques au sexe sur la fonction pulmonaire. Des chercheurs ont découvert que les variantes génétiques associées à la HHIP (Hedgehog-Interacting Protein) ont des effets spécifiques au sexe sur la fonction pulmonaire (Fawcett et al. 2020. Wellcome Open Res).

Dans une analyse épigénétique, les chercheurs ont découvert que l'IMC (indice de masse corporelle) n'avait probablement aucune influence sur la fonction pulmonaire par le biais des méthylations de l'ADN (Amaral et al. 2020. BMC Pulm Med).

Une synthèse de nombreuses études auxquelles a participé SAPALDIA a montré que les modèles épigénétiques permettent d'identifier les processus biologiques par lesquels les inégalités sociales peuvent avoir un impact sur le vieillissement en bonne santé (Fiorito et al. 2019. Aging).

Le surpoids a été associé à plusieurs reprises à l'asthme non allergique. Des modèles murins ont montré que les mécanismes inflammatoires jouent un rôle déterminant. Les données de SAPALDIA ont été utilisées pour étudier les mécanismes biologiques qui pourraient être à l'origine de ce phénomène. Les chercheurs de SAPALDIA ont pu confirmer que le risque accru d'asthme non allergique associé au surpoids est influencé par des modifications épigénétiques dans les gènes pro-inflammatoires (Jeong et al. 2019. Int J Environ Res Public Health).

De grandes études internationales, qui ont pris en compte les données de plus de 400 000 participants, ont permis d'identifier plus de 270 facteurs de risque génétiques pour la fonction pulmonaire. La connaissance des facteurs génétiques peut améliorer à long terme le traitement de la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), car elle permet de mieux comprendre les mécanismes de la maladie. Cela peut même contribuer à la prévention de cette maladie grave (Shirane et al. 2019. Nature Genetics ; Wain et al. 2018. Nature Genetics ; Jackson et al. 2018. Wellcome Open Research).

L'asthme est une maladie pulmonaire chronique qui peut être traitée. Il arrive que l'asthme disparaisse (rémission). En collaboration avec d'autres études de cohorte, des gènes susceptibles de jouer un rôle dans la rémission de l'asthme ont été identifiés (Vonk et al., 2018. Clin. Exp. Allergy).

Le rhume des foins allergique est plus fréquent dans certaines familles que dans d'autres. Une grande étude internationale portant sur près de 60 000 personnes souffrant de rhume des foins, à laquelle SAPALDIA a également contribué par ses analyses, a permis d'identifier 20 nouveaux gènes qui augmentent le risque de développer un rhume des foins (Waage et al. 2018, Nature Genetics).

La protéine alpha-1-alpha-trypsine (AAT) circule dans le sang et protège les poumons contre les agressions, qui sont aggravées par le tabagisme. On sait qu'en cas de déficit génétique en protéine AAT dans le sang et de tabagisme concomitant, une maladie pulmonaire chronique peut apparaître dès l'âge adulte moyen. Les chercheurs de SAPALDIA ont récemment démontré que l'AAT peut protéger non seulement les poumons, mais aussi les vaisseaux sanguins. D'autres études devront d'abord démontrer s'il est cliniquement pertinent de prendre en compte ce facteur de risque pulmonaire traditionnel également pour les maladies cardiovasculaires (Curjuric et al. 2018. Arteriosclerosis). De plus, les données SAPALDIA nous ont permis d'analyser les schémas épigénétiques (analyse de la méthylation de l'ADN) et de montrer que, contrairement à ce que l'on pourrait croire, la régulation épigénétique de la région génétique de l'AAT n'influence pas la fonction pulmonaire dans la population générale (Beckmeyer-Borowko et al., 2018, Resp. Res.).

L'analyse des données SAPALDIA sur les gènes, la pollution atmosphérique et la fonction pulmonaire a permis d'identifier le gène Cadherin13. Selon la variante génétique de Cadherin13, les poumons réagissent plus ou moins fortement aux particules fines. La cadhérine 13 renforce probablement l'effet des polluants atmosphériques sur les poumons en réduisant la disponibilité de l'adiponectine, un messager régulateur de l'inflammation. L'adiponectine joue également un rôle important dans la perte de poids (Imboden et al. 2015. Environ Health Perspect).

La santé dentaire de la population suisse a été examinée dans le cadre de l'étude SAPALDIA4. Pour la première fois, des examens ont été réalisés dans toute la Suisse afin de collecter des données sur la santé dentaire de la population. Il a été démontré que les participants avaient en moyenne cinq dents manquantes, que 74,8 % d'entre eux portaient des prothèses dentaires et que 21,1 % présentaient une profondeur de poche supérieure à 4 mm, ce qui est un signe de parodontite. Le nombre moyen de dents manquantes et la présence de pertes dentaires, de prothèses dentaires fixes et de prothèses dentaires amovibles sont liés à l'âge, au niveau d'éducation, au tabagisme et au temps écoulé depuis la dernière visite chez le dentiste (Schmidt JC et al. 2020. Eur J Oral Sci).